18 June 2026
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Sociétés et religions en Éthiopie et dans la Corne de l’Afrique

Paris

Description

Comme jamais auparavant, l’Éthiopie et la Corne de l’Afrique représentent, à l’échelon mondial, une région à haut rôle
stratégique par le contrôle du passage de la mer Rouge pour le commerce mondial, les télécommunications (câbles
sous-marins) et la circulation des hydrocarbures. L’implantation de bases militaires toujours plus nombreuses qui
s’égrènent sur le littoral du Soudan à la Somalie, et plus particulièrement à Djibouti, est là pour le rappeler.
À côté des puissances attendues (France et USA), de nouveaux venus participent à la réorganisation de l’ordre régional
et mondial (Chine, Turquie, Émirats arabes unis). La Somalie, par l’instabilité permanente qu’elle connaît, s’est révélée
une base de repli pour des éléments en déroute de l’État islamique après son écrasement au Levant. L’avenir du Soudan,
qui a replongé dans la guerre civile dès 2003 (crise du Darfour), reste toujours aussi incertain. La dictature qui contrôle
l’Érythrée depuis son indépendance (1993) exerce une pression permanente sur la frontière éthiopienne, que les accords
de 2019 pour une paix éphémère n’ont pas contribué à alléger. Autant de foyers d’instabilité représentent autant
d’occasions d’ingérence des puissances étrangères subrégionales (Turquie, Égypte, Qatar, Émirats…).
Argumentaire
L’Éthiopie, campée sur les hautes terres et en retrait des façades maritimes, constitue un réservoir démographique
colossal (135 millions d’habitants ; deux fois la France en population comme en superficie, mais avec une croissance
démographique largement supérieure). En dépit des troubles sociaux qui l’ont profondément marquée au cours de la
dernière décennie, son développement économique exerce un puissant magnétisme sur les pays voisins. Ses efforts de
désenclavement (par les airs, par les eaux fluviales comme par les mers) suscitent de nouveaux antagonismes ou
alimentent des conflits existants.
Sur cette carte sociopolitique se superpose une grille confessionnelle. Les États de la Corne de l’Afrique sont tous de
confession musulmane, à l’exception de l’Éthiopie qui connaît une majorité historique chrétienne (elle-même fragmentée
en orthodoxes miaphysites, évangéliques et catholiques) et une importante minorité musulmane (sunnite). Les acteurs
religieux, dont la stabilité n’est pas à toute épreuve, comme la tentative de sécession au sein de l’Église orthodoxe
d’Éthiopie l’a rappelé (2023), peuvent avoir un rôle de paix à jouer, ainsi que l’indique la multiplication des initiatives
interreligieuses. Si des troubles confessionnels apparaissent à l’échelon local, les conflits fratricides de grande ampleur
déchirent plus souvent des coreligionnaires (la guerre du Tigré, la guerre civile au Soudan ou au Soudan du Sud).
Dans ce contexte, l’appartenance confessionnelle a perdu sa première place parmi les marqueurs identitaires, a fortiori
dans les États (quasi) monoconfessionnels (Djibouti, Somalie…), mais aussi dans l’Éthiopie multiconfessionnelle où la
création d’un ministère de la Paix, en 2018, semble se superposer au dialogue interreligieux. En dépit de son importance
géostratégique comme centre de gravité de la Corne, l’Éthiopie demeure largement méconnue hors des sphères
académiques. Un objectif majeur de cette journée d’étude consiste à offrir un double point de vue sur ces questions,
celui issu du monde académique complété par des témoignages d’acteurs de terrain et des retours d’expérience.

Programme

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